Qu'est-ce qu'on peut bien faire d'un chêne millénaire si on veut lui donner de la valeur?

 

Eh bien la solution a été trouvée il y a très longtemps.

Je vous en donne deux exemples, en Vendée, pas très loin de chez nous, et pas très loin l'un de l’autre.

On transforme tout simplement l'arbre en chapelle.

Premier site: La chapelle Notre-Dame du Chêne, sur la commune de La Rabatelière. A localiser sur une carte du département.

Édifiée en 1873, à l'initiative du curé de la paroisse, l'abbé Hillairet, cette chapelle a été le lieu de pèlerinage depuis sa construction jusqu'en 1914. dédié à la Vierge Marie.

La construction de la chapelle de pierres blanches et d'inspiration romane entoure le tronc creux d'un chêne de plus de 15 mètres de circonférence qui appartenait à Monsieur de La Manfreyère. Elle fut bénie par Mgr Poirier, évêque de Roseau aux Antilles, en juillet 1874 puis consacrée en octobre 1874 par l'évêque de Luçon Mgr Colet. La chapelle du Chêne fut la première construction de l'abbé Hillairet due à l'architecte Victor Clair. La tête du chêne a été abattue par le vent en 1972. L'autel se trouve dans le creux de l'arbre au dessus duquel se trouve la Sainte Famille, ce qui forme une sorte de baldaquin. Les nombreux cierges qui ont été allumés dans cette chapelle ont provoqué un début d'incendie, dont on voit encore les traces de noir.

 

 

Second site: Le gros chêne de la Chevasse, Saint-Sulpice-le-Verdon (Vendée)

Quatrième chêne monumental de France. Millénaire (certains lui attribuent 2000 ans), avec 14,5 mètres de circonférence à la base et 9,5 m à 2 mètres de hauteur.
Au moyen âge les baillis venaient y rendre la justice.
Aujourd'hui il est malheureusement mort, mais entretenu par des associations locales dynamiques et dévouées.

 

 A noter que la Vendée n'a pas l'apanage de ces sanctuaires. Le plus célèbre en France est celui d'Allouville Bellefosse.

Ils sont pourtant remarquables.

 

Ouest-France se fait l'écho de quelques découvertes en Loire Atlantique, qui peuvent devenir des buts de visite éclair.

Plusieurs arbres remarquables sont évoqués. J'en ai retenu 3. Je vous les livre avec leur commentaire. Naturellement, les textes sont tirés d'Ouest-France et recopiés sans modification.

 

1 - Le châtaignier du GR3 de Saint-Etienne-de-Montluc

Le châtaignier du GR3, qui passe par Saint-Etienne-de-Montluc, est un point de repère pour les habitués de la marche. Très imposant, légèrement reculé sur le bord du chemin, l’arbre mesure 15 mètres de haut et six mètres de circonférence. Les châtaigniers ne sont pas rares, mais ils risquent de le devenir en Pays de la Loire. Ils sont atteints de la maladie de l’encre. Ce sont des champignons qui les tuent à petit feu.

Populaire par sa localisation, et majestueux par sa taille, ce châtaignier est remarquable aussi par son âge puisqu’il souffle, cette année, sa 500e bougie. Enfin, un arbre comme celui-là, peut vivre jusqu’à 2000 ans !

Comment le trouver ? Arrivé au village de la Bernardière, il faut prendre le sentier du GR3. De là, marchez 400 m. L’arbre se situe dans le bosquet, sur la droite.

 

 2 - Le cèdre du château du Plessis, à Orvault

 Au cœur de la prairie, il s’intègre parfaitement dans le paysage et magnifie à sa manière la belle ordonnance de la façade claire de style Empire, à colonnes et terrasse du château.

Depuis quand est il là ? Depuis que François Guillet de la Brosse, qui a fait fortune aux Antilles a acheté la propriété en 1 815 et entamé la construction d’une nouvelle demeure sur les ruines de l’ancienne.

Fut-il planté plus tard en 1830 par son fils Julien à l’achèvement du château, dont les plans furent dessinés par Étienne Blon, architecte nantais à qui l’on doit également la création de la place Mellinet à Nantes et le manoir de la Chantrerie sur les bords de l’Erdre ? Pour André Guery, membre de l’association des arbres remarquables de France, il aurait 250 ans.

C’est un colosse de plus de 6, 650 m de circonférence qui sans doute vivra longtemps. Certains vivent jusqu’à 1 000 ans.

 

3 -  Le Séquoia géant de la Fleuriaye, à Carquefou

 

Le sequoiadendron giganteum, ce colosse géant et fragile originaire de la Sierra Nevada en Californie, peut vivre plusieurs milliers d’années. Mais les naissances sont si rares. « Il produit des millions de graines, mais ne germe qu’une graine sur un million », explique André Guery. Sans descendance, le vieillard se fait rare et cher « Il fut un temps où le cours des graines de séquoia géant valait plus cher que celui de l’or".

Le séquoia de la Fleuriaye aurait été planté ici après 1860 par Elzéar Bouvays de la Fleuriaye. Et certains le disent fils d’Hercule dont les graines, furent offertes par De Cornulier, capitaine de vaisseau sur la corvette La Galatée à son ami le général nantais Marion de Beaulieu.

Sa particularité, ce sont ses deux grosses branches basses, dont une qui touche le sol avant de reprendre la direction des cieux. Et une bonne grosse circonférence de plus de 7 mètres.

Où le trouver ? Au rond-point de la Fleuriaye, à Carquefou, il faut suivre la direction « château de la Fleuriaye » jusqu’au parking. L’arbre se trouve dans le parc.

 Si cela peut vous donner des idées de visite, profitez-en: l'été n'est pas fini.

 

 

 

C'est fini... On risque de ne plus parler des tilleuls abattus à Luçon en juillet 2015.

L'article de O-F du mercredi 25 janvier 2017 nous annonce que "La route de La Roche va retrouver ses arbres".

Une centaine de tilleuls seront bientôt replantés et on oubliera presque l'abattage "sauvage" du 29 juillet 2015.

Ce serait bien que des photos "avant-après" soient mises en ligne pour ceux qui auraient eu l'idée d’immortaliser l'événement.

Rideau.

L'affaire de Luçon n'a pas servi de Leçon!

Il est, de par les coins reculés de France rurale, des gens qui ont une drôle d'opinion de leur environnement. Coutumes ancestrales qui voulaient que le paysan devait être amené à s'autosuffire avec tout ce que lui procurait son "territoire". C’était le cas du bois, autrefois en abondance dans les fermes et qu'il coupait pour se chauffer, faire mitonner la soupe ou le café dans l'âtre ou pour faire cuire le pain hebdomadaire.  C'est ce qui a produit en partie la déforestation de nos contrées.

De nos jours, le regard porté sur l'arbre est tout autre. Pour éviter une certaine forme de désertification ou d'enlaidissement de notre quotidien, nous sommes amenés à lutter contre ces abattages qui sont devenus "sauvages".

Se chauffer au bois dans les fermes est devenu un peu plus du confort que de la nécessité. Mais ce qui continue malgré tout à alimenter les coupes en rase campagne, c'est la demande de bois de chauffage dans les maisons individuelles. Ce qui autorise, en fonction du prix relativement élevé du mètre cube de bois de chauffage, à faire un peu n'importe quoi.

COURGENARD, dans la Sarthe. Un paysan du cru a coupé, sur un chemin communal qui menait à la demeure d'un fleuriste, six chênes centenaires qui ne lui appartenaient pas. Encore un exemple de légèreté en matière de prérogatives personnelles.

Massacre! Vandalisme! Égoïsme! Il y a de quoi être furieux.

Comme à Luçon, l'agriculteur sera condamné à replanter... On connaît l'argument: "Il faudra juste attendre 100 ou 200 ans..."

Lu dans Ouest-France du 15 février 2017. Relayé dans toute la presse régionale et départementale.

 

 

Juste une brève.

Dans certaines soirées au restaurant, les oreilles traînent et on glane des nouvelles qui paraissent incroyables.

Et pourtant... les chiens pourront-ils toujours lever la patte contre un arbre?

La photo vous donne une réponse: plus on supprime d'arbres, plus difficile sera la vie de cabot.

Dégâts collatéraux à la déforestation!

Remarquez également le respect de la limite de confidentialité!

 

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