Mercredi 29 juillet 2015 restera une date qui, pour les Vendéens et en particulier pour les Luçonnais, ne pourra s’oublier facilement. Une onde de choc a parcouru le département, mais aussi toute la France. La presse écrite, parlée et télévisée, locale, régionale, nationale, en a fait un large écho.

 31 tilleuls abattus pour un con...voi

Un convoi exceptionnel de 2 camions, partis de Fontenay-le-Comte la veille, transportant des éléments de coque de bateau d’une largeur supérieure à 9 mètres (soit convoi de catégorie 3), se trouve devant l’impossibilité d’avancer, face …à des arbres ! Le lendemain, le convoi est arrivé en parfaite condition aux Sables d’Olonne, sa destination, ce qui était le but de l’opération. Mais il a fallu, pour cela, abattre sur le bas-côté, 31 tilleuls quasi centenaires, qui faisaient le charme de cette départementale 746. Napoléon avait eu la bonne idée de faire protéger du soleil les routes empruntées par ses soldats.

Face à cet événement, on peut bien sûr avoir des attitudes totalement opposées.

 On pourra dire que les arbres au bord des routes sont dangereux. Mais a-t-on jamais vu un arbre traverser la route devant un véhicule ?  Il fut un temps où le voyageur n'avait pas le choix de ses itinéraires routiers. Aujourd’hui, il peut choisir entre départementale, nationale et autoroute et son style de conduite  avec les risques qui s'y collent !  VIVONS AVEC NOTRE TEMPS ET EVOLUONS !

On pourra considérer qu’après tout, ce ne sont que des arbres et qu’il suffit de les remplacer. Il faut quand même un certain temps pour faire pousser un arbre de près de cent ans.

On pourra rester fataliste et se dire que, devant les faits, il suffit de prendre des décisions et agir en fonction des priorités.

Tout est effectivement question de priorités. Dans ce cas précis, on a privilégié la bonne  marche d’un convoi exceptionnel au détriment d’un paysage naturel. Car ces arbres faisaient partie intégrante d’un paysage et à ce titre, étaient protégés ou devaient l’être. La commission départementale de la nature et des paysages et des sites (circulaire n° 85 42  du 31 mai 1985) aurait dû être convoquée pour examiner ce cas de figure.

Pour nous, association de défense du paysage, les priorités ont été inversées, ce qui ouvre le champ à de nombreuses questions.

Le plan de route déposé depuis une année, accepté par le préfet se trouve bloqué par des arbres. Qui n’a pas fait son travail en ne venant pas reconnaître le parcours ?

Était-ce le seul itinéraire possible ? Les convois exceptionnels de catégorie 3 peuvent emprunter une autoroute dans certaines conditions. La possibilité de convoyer par la mer a-t-elle été envisagée ? Ce sont des coques de bateau.

Il ne manque pas de chantiers navals implantés loin de la mer. La route et la mer sont-elles à ce point complémentaires ?

Si nos routes ne sont pas capables d’accepter ces gabarits, pourquoi fabrique-t-on des unités si importantes loin de leur site d’assemblage ?

Les 5 premières minutes de colère ne seront-elles pas remplacées par des petits arrangements entre amis ? 

Le crime ne profiterait-il pas aux projets futurs de convois dits " EXCEPTIONNELS " ? 

Ne suffit il pas de devoir abattre des milliers de platanes malades le long du canal du midi (plus de 16000 ) pour faire disparaître notre patrimoine paysager ? 

Où le dysfonctionnement a-t-il eu lieu ? Chez le transporteur, au Conseil Départemental ?

On peut pousser le raisonnement jusqu’à l’absurde. Un Luçonnais abasourdi par l’événement a évoqué la possibilité que le convoi soit bloqué par une maison à Mareuil-sur-Lay. Aurait-on abattu la maison ? On peut l’imaginer, le cerveau humain n’étant pas à court de ressources.

Cet événement a été suivi de près par Daniel Rémignon et Lionel Vrignon qui se sont rendus sur place afin de se faire une idée précise de la situation. Cette visite a permis à l’association A.P.P. de déposer une plainte au pénal par la personne de son président.

Ne laissons pas l’affaire s’étouffer sous le boisseau ; n’arrêtons pas de l’évoquer. Sinon, on finira par conclure que ce n’était pas si important.

A méditer : cette maxime d’Alexander Von Humboldt : « Etre hostile aux arbres est un signe d'infériorité chez un peuple et de ... bassesse chez l’individu. »

Mettons les moyens adaptés en face des problématiques sécuritaires sur les axes routiers le nécessitant. 

Le bureau A.P.P.